En deux lignes : un documentaire avec l'IA se fait comme un documentaire tout court. Un sujet, un point de vue, des sources, une note d'intention, un script avec sa voix off, un découpage. L'IA n'arrive qu'à la fin, pour les scènes qu'aucune caméra n'a jamais filmées, et elle ne tient la route que si chaque personnage garde le même visage du premier au dernier plan.
Ce qui sépare un vrai documentaire des vidéos d'histoire générées à la chaîne qui envahissent YouTube, ce n'est pas l'outil. C'est l'ordre dans lequel on travaille.
On a construit ScreenWeaver autour de cet ordre : scénario, découpage, storyboard et génération vidéo vivent dans le même projet, et le témoin écrit page 3 est le même visage au plan 47. Ce guide reprend les étapes du métier une par une, en disant clairement ce que l'application fait et ce qu'elle ne fait pas.
Comment faire un documentaire : le métier ne change pas
Un documentaire raconte quelque chose de réel, à partir de preuves. L'IA ne touche pas à cette définition. Elle change le prix des scènes que personne n'a filmées : une veillée de village en 1952, un procès sans caméra. Le documentaire les a toujours reconstituées, avec des comédiens ou de l'animation. La vidéo générative est un moyen de plus.
Voici le chemin complet, et où chaque étape se passe :
| Étape | Ce que vous produisez | Où |
|---|---|---|
| 1. Sujet et point de vue | Une phrase qui dit ce que le film défend | Avant tout outil |
| 2. Recherche | Un registre des sources, des documents, des photos | L'assistant IA de ScreenWeaver lit les PDF et images importés |
| 3. Note d'intention | Pourquoi ce film, pourquoi vous, comment | Éditeur de scénario |
| 4. Script | Voix off en V.O., reconstitutions en scènes | Éditeur de scénario |
| 5. Découpage technique | Chaque plan décrit | « Generate shots from scene script », « Auto-generate shots » |
| 6. Références et storyboard | Personnages, lieux, objets, puis planches | Fiches de référence IA, storyboard |
| 7. Reconstitutions | Les plans vidéo | Canevas de production, modèles vidéo |
| 8. Voix off | La narration enregistrée | ElevenLabs ou un narrateur |
| 9. Musique et son | Partition et mixage | Musique sous licence ou Suno, ambiances des modèles |
| 10. Montage | Le film fini | DaVinci Resolve ou Premiere Pro |
| 11. Transparence et diffusion | Générique, mentions, réglages des plateformes | YouTube Studio, formulaires de festivals |
Les étapes 1 à 7 se font dans un seul projet ScreenWeaver. Les étapes 8 à 10 se font ailleurs : l'application ne génère pas de voix off, ne compose pas de musique et ne monte pas le film. Autant le savoir avant de commencer.
1. Trouver le sujet, puis le point de vue
Un sujet, c'est « le village englouti de Tignes ». Un point de vue, ce serait par exemple « en 1952, les habitants n'ont pas seulement perdu leurs maisons, ils ont perdu l'endroit où revenir ». Le sujet dit quoi chercher. Le point de vue dit quoi couper.
Écrivez-le en une phrase avant d'ouvrir le moindre outil, sinon vous générerez de belles images qui n'appartiennent à aucun film. Puis trois questions :
- Y a-t-il des preuves ? Lettres, registres, photos, témoignages, presse, archives départementales. Un documentaire sans sources, c'est de la fiction qui prend une voix grave.
- Y a-t-il quelqu'un ? On suit des personnes, pas des thèmes.
- Y a-t-il quelque chose que personne n'a filmé ? C'est là que l'IA a sa place.
C'est pour cette raison que le documentaire historique est le terrain le plus naturel de l'IA : le passé est plein de gens et d'événements sans images. Si votre projet glisse vers la fiction d'époque plutôt que vers la preuve, notre page générateur de films historiques couvre ce versant.
2. La recherche : sources, archives, témoins
La plupart des guides sur le documentaire IA sautent cette étape. C'est pourtant elle qui décide si l'on vous croit. Ouvrez un registre des sources dès le premier jour. Une ligne par source : ce que c'est, où ça se trouve, qui détient les droits, quelle affirmation du film elle soutient. Un diffuseur ou un programmateur de festival vous le demandera.
Un assistant qui a lu vos documents
Dans ScreenWeaver, l'assistant IA lit les documents que vous importez dans le projet : PDF d'archives, transcriptions d'entretiens, articles, et images comme des photographies ou des cartes. Au lieu de « écris-moi un documentaire sur Tignes », qui invite à inventer, vous posez des questions ancrées dans votre matière :
- « Quelles dates se contredisent entre ces trois coupures de presse ? »
- « Liste toutes les personnes nommées dans ce PDF, avec les pages. »
- « Relis ma scène 4 et dis-moi quelles affirmations ne sont pas appuyées par les documents importés. »
La dernière est l'habitude la plus utile qu'on connaisse. Un assistant qui a lu votre recherche est un deuxième regard. Un assistant qui n'a rien lu est un devin sûr de lui.
La règle tient en une ligne : chaque phrase factuelle de la voix off renvoie à une ligne du registre. Sinon, on la coupe, on la reformule en doute, ou on la soumet à un spécialiste. Pour aller plus loin, voir organiser sa recherche historique à côté du script et notre article sur l'éthique de la recherche historique assistée par IA.
3. La note d'intention de documentaire
En France, la note d'intention est le document que lisent d'abord un producteur, une chaîne ou une commission d'aide comme celles du CNC. Elle ne résume pas le film. Elle dit pourquoi vous le faites et comment vous allez le faire. Avec l'IA, elle gagne une responsabilité de plus.
Une bonne note d'intention de documentaire répond à cinq questions :
- Pourquoi ce sujet ? Ce qui vous a saisi, et pourquoi ça compte aujourd'hui.
- Pourquoi vous ? Votre lien au sujet, votre accès aux témoins ou aux archives.
- Quel point de vue ? La phrase de l'étape 1, développée.
- Quel dispositif ? Entretiens, archives, voix off, reconstitutions, cartes. Ce que le spectateur verra, et dans quelle proportion.
- Quelle place pour la reconstitution ? C'est la question nouvelle. Le spectateur saura-t-il toujours ce qui est archive et ce qui est généré ? Par un traitement visuel distinct, une mention à l'écran, un carton au générique ?
Écrivez cette dernière réponse noir sur blanc : elle vous engage, et c'est ce qu'un diffuseur voudra lire. Viennent ensuite le synopsis et le traitement, qui racontent le film séquence par séquence : notre guide sur le traitement d'une série documentaire en donne un modèle complet.
4. Écrire le script du documentaire
La voix off s'écrit en V.O.
Le documentaire télé utilise traditionnellement un script en deux colonnes, l'image à gauche, le son à droite. ScreenWeaver n'a pas de format deux colonnes dédié. Il a un éditeur de scénario, et un script documentaire s'y écrit très bien avec quelques conventions :
- Chaque reconstitution est une scène, avec un en-tête qui donne le lieu et l'époque :
EXT. PLACE DU VILLAGE, TIGNES - JOUR (1952). Les didascalies décrivent ce que voit la caméra. - La narration est un personnage avec l'extension V.O. :
NARRATRICE (V.O.), puis le texte, placé sous la scène qu'il accompagne. - Les entretiens sont des scènes aussi :
INT. CUISINE, BOURG-SAINT-MAURICE - JOUR (AUJOURD'HUI), le témoin en personnage, sa réponse en dialogue. Ceux qui ne sont pas encore tournés restent en attente, signalés comme tels. - L'archive a son propre en-tête :
ARCHIVE : une du journal local, 1952, avec la référence du registre des sources dans la didascalie.
On lit de haut en bas au lieu de gauche à droite, avec un avantage décisif : l'IA peut découper chaque scène en plans. Notre guide sur la mise en page de la voix off dans un scénario détaille les conventions, et celui sur les entretiens documentaires dans un script couvre le reste.
Si vous avez commencé ailleurs, ScreenWeaver importe les fichiers Final Draft (FDX) et WriterDuet (JSON), et le script s'exporte en PDF ou en FDX à tout moment.
Écrire pour l'oreille
Une voix off s'entend une seule fois. Des phrases courtes, une idée par phrase, les dates écrites comme on les dit, les noms difficiles suivis d'une indication de prononciation entre parenthèses.
Chronométrer avant de découper
La durée de la voix off fixe la durée du film. Collez chaque bloc de narration dans le calculateur de durée de script, qui estime le temps à l'écran à partir du nombre de mots (sur une base d'environ 130 à 150 mots par minute). Quarante secondes de voix off appellent environ quarante secondes d'images. Ce chiffre nourrit le découpage.
L'IA dans l'écriture : utile, à condition de rester l'auteur
Demandez un script documentaire à une IA sur un simple sujet et vous obtiendrez un texte plausible, sans sources, interchangeable. Servez-vous-en plutôt pour :
- Restructurer : « Propose trois structures pour ces huit scènes, dont une qui commence par la fin. »
- Resserrer : « Coupe ce bloc d'un tiers sans perdre un seul fait sourcé. »
- Vérifier : « Quelles phrases un historien contesterait-il ? »
- Faire sonner : « Donne deux versions de cette phrase plus faciles à dire à voix haute. »
Le premier jet de la voix off, ou au moins le point de vue et les phrases clés, doit venir de vous. C'est cette part d'auteur que cherchent YouTube, les festivals et le public.
5. Le découpage technique
Une fois la scène écrite, ScreenWeaver propose ses plans. « Generate shots from scene script » lit la scène et renvoie une liste de plans : valeur de plan, action, durée. « Auto-generate shots » le fait sur plusieurs scènes. Ensuite, vous reprenez tout à la main : vous resserrez, fusionnez, supprimez, ajoutez l'insert qui manque.
Un documentaire ne se storyboarde pas en entier. Le direct et les entretiens n'ont pas encore eu lieu. On découpe ce qu'on écrit : reconstitutions, séquences d'archives, cartes, cartons. Notre article sur le storyboard documentaire explique ce partage.
Pour les références de cadre, notre bibliothèque de techniques montre un rendu documentaire et un cadrage d'interview, utiles quand les reconstitutions doivent cohabiter avec de vrais entretiens.
6. La cohérence des personnages, le vrai défi du documentaire IA
Un documentaire suit des gens. L'habitante de Tignes doit être la même femme sur la place, à la fenêtre, dans le car qui l'emmène. Si son visage change d'un plan à l'autre, le spectateur décroche. En fiction, c'est une erreur de raccord. En documentaire, c'est pire : ça dit que rien à l'écran n'est rattaché à quoi que ce soit de réel.
Le documentaire traverse aussi le temps. La même femme apparaît à 20 ans et à 85, le même village avant et après la mise en eau. Le film doit tenir une identité sur des décennies tout en montrant ce qui change.
Pourquoi les générateurs de clips réinventent le visage à chaque fois
Un modèle vidéo n'a aucune mémoire d'une génération à l'autre. Décrivez « une paysanne savoyarde d'une vingtaine d'années, cheveux bruns tirés, robe à fleurs, gilet de laine » dans dix prompts, vous obtiendrez dix femmes différentes qui correspondent toutes à la description. Les mots décrivent une catégorie, pas une personne.
C'est pour ça que tant de vidéos d'histoire générées ressemblent à un casting : une nouvelle actrice à chaque plan. Préciser la description ne règle rien, parce qu'il y a toujours plus d'un visage qui colle à une phrase. On a détaillé le phénomène dans notre article sur la dérive des personnages en vidéo IA.
La solution, ce n'est pas plus d'adjectifs. Ce sont des images.
Comment ScreenWeaver s'y prend
Dans ScreenWeaver, les personnes, les lieux et les choses de votre récit sont des entités : Characters, Places et Objects. Chacune peut recevoir une fiche de référence générée par l'IA, un ensemble d'images qui la définit sous plusieurs angles. Vous pouvez aussi importer vos propres images comme références, en JPEG, PNG ou WebP : une photo du lieu réel, une carte d'époque, la photographie d'un objet conservé au musée.
Ces références suivent ensuite l'entité partout :
- Dans le storyboard : une planche qui montre l'habitante sur la place est générée avec sa fiche et celle de la place.
- En production : quand le plan devient vidéo, les mêmes références partent au modèle vidéo.
Les modèles sont faits pour ça. Les modèles d'image actuels acceptent beaucoup de références à la fois : jusqu'à 14 images pour Nano Banana 2, jusqu'à 16 pour GPT Image 2.5. Seedance 2.5, le modèle vidéo par défaut dans ScreenWeaver, accepte jusqu'à 30 images de référence. De quoi tenir dans un seul plan le visage d'un personnage sous plusieurs angles, sa tenue, le lieu et un objet clé.
Storyboard et production puisent dans les mêmes entités : rien à réimporter. Changez le gilet sur la fiche, et la planche suivante comme le plan vidéo suivant utilisent le nouveau.
La méthode, pas à pas
1. La fiche personnage avant tout le reste. Avant la première planche, créez chaque personne récurrente comme Character et générez sa fiche. Est-ce le visage que vous voulez pour tout le film ? Changer d'avis après quarante plans coûte cher. Maintenant, ça coûte une régénération.
2. Une tenue verrouillée par époque. Les vêtements font partie de l'identité à l'écran, et c'est là que la dérive se voit en premier. Décidez ce que chaque personne porte à chaque période et mettez-le sur la fiche, pas dans le prompt.
3. Le vieillissement, c'est une deuxième fiche dérivée de la première. Pour la même femme à 20 ans et à 85, ne créez pas deux personnages sans lien. Générez la fiche âgée en prenant la fiche jeune comme référence, et ne décrivez que ce que le temps change : cheveux, peau, posture, silhouette, lunettes. La structure du visage, la forme des yeux et le nez restent. Une fiche par époque, et le spectateur lit une seule vie, pas deux comédiennes.
4. Les références dans chaque plan. Citez la personne, le lieu et l'objet qui compte avec les références @ dans la ligne d'action du plan, pour que les fiches voyagent avec lui. Ne faites pas l'impasse sur les plans larges sous prétexte que le visage y est petit : la silhouette et le manteau, c'est justement ce que le spectateur suit dans un plan large.
5. Vérifier les raccords sur le storyboard avant la vidéo. Alignez les planches d'une séquence. Même visage, même tenue, même clocher, même météo ? Le storyboard ne coûte presque rien, la vidéo si. Corrigez la planche avant qu'elle ne devienne un plan raté.
Un lieu, une image de référence maîtresse
Les lieux dérivent autant que les visages : un clocher change de forme, une vallée change de relief, une cuisine déplace sa fenêtre.
Donnez à chaque Place une image de référence maîtresse en laquelle vous avez confiance : une vraie photo si le lieu existe encore, ou une image générée et vérifiée contre les photos d'archives s'il a disparu. Dérivez-en les autres vues. Chaque plan tourné dans ce lieu utilise cette référence. Quand le lieu change avec le temps, traitez-le comme un vieillissement : une deuxième référence dérivée de la première, avec seulement les changements que l'histoire exige.
Pour les lieux réels, importez vos propres images : une photo de repérage ou une carte postale ancienne du domaine public donnent au modèle une architecture et un relief qu'il inventerait sinon.
Les objets portent l'époque
Les objets disent l'année au spectateur : un poste de radio, une affiche, une voiture, un uniforme. Ce sont aussi les premiers détails qu'un historien remarque quand ils sont faux. Faites des plus importants des Objects avec leur propre fiche, construite à partir de photos de musée ou d'archives, et rattachez-les aux plans où ils apparaissent. C'est la protection contre l'anachronisme la moins chère qui soit.
Personnes réelles, photos réelles
Quand votre sujet est une personne réelle et identifiable, réfléchissez avant d'utiliser sa photo comme référence de visage. Servez-vous des photos d'archives pour la recherche, l'époque, les vêtements et le décor, et décidez ouvertement de la manière de la représenter. Certains modèles vidéo refusent d'ailleurs les images de référence qui ressemblent à la photo d'une vraie personne, ce qui est un garde-fou raisonnable. Beaucoup de documentaires choisissent des figures qui évoquent plutôt qu'elles n'imitent : de dos, en silhouette, ou dans un traitement stylisé. Ce choix fait partie de votre note d'intention, et de votre générique.
Notre outil fiche de cohérence de personnage et notre guide sur la cohérence des personnages dans un storyboard IA vont plus loin.
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Start Free7. Générer les reconstitutions historiques
Dans le canevas de production de ScreenWeaver, les plans d'une scène passent par l'un des deux pipelines :
- Reference to video : l'action de chaque plan devient un prompt mis en scène, et les références citées dans le plan (personnages, lieux, objets) sont branchées au moment de la vidéo.
- Storyboard panels to video : les planches de la scène, jusqu'à 14, guident l'ordre et la composition de la séquence générée, avec les références.
Modèles vidéo disponibles : Seedance 2.5 (par défaut, plans de 4 à 30 secondes, jusqu'en 1080p), Seedance 2, Veo 3.1, Kling 3.0, MiniMax H3 et Grok Imagine Video. Choisissez plan par plan, pas pour tout le film : le modèle qui réussit les grands plans lents et atmosphériques n'est pas forcément celui qui réussira des mains qui tournent les pages d'un registre.
Formats : 16:9 pour YouTube et la télévision, 9:16 pour les déclinaisons verticales, 2.39:1 pour une ampleur cinéma, 4:3 si les reconstitutions doivent cohabiter avec des archives d'époque, et 3:4. Fixez le format avant de générer.
Trois réflexes qui économisent des crédits :
- Les plans d'ancrage d'abord : le plan d'ensemble de chaque lieu, le premier gros plan de chaque personne. Le reste de la séquence a ensuite un modèle à suivre.
- Ne jamais maquiller en archive. Une reconstitution peut avoir du grain, elle ne doit jamais se faire passer pour une image d'époque authentique.
- Vérifier les références avant de régénérer. Quand un plan dérive, une référence manquante est le premier suspect.
Pour voir un exemple complet construit de cette façon, rendez-vous sur la page générateur de documentaires IA, où notre équipe présente sa courte reconstitution historique, du script au film.
8. La voix off du documentaire avec l'IA
Écrire pour l’oreille, caler le commentaire sur l’image et choisir une voix : tout est détaillé dans notre guide de la voix off de documentaire avec l’IA.
ScreenWeaver ne génère pas de voix off. Trois options :
- Un narrateur ou une narratrice. Toujours la référence pour un film long. Envoyez-lui le script avec les lignes V.O. et les indications de prononciation.
- Votre propre voix. Souvent le choix le plus juste pour un documentaire à la première personne.
- Une synthèse vocale comme ElevenLabs. Très bien pour une maquette et pour beaucoup de films finis. Testez chaque nom propre et chaque date, et écoutez la lecture d'une traite : une voix qui sonne bien phrase par phrase peut devenir monotone sur dix minutes.
Ne clonez jamais la voix d'une personne réelle sans son accord, et ne lui faites jamais « dire » ce qu'elle n'a pas dit sans le signaler. Le documentaire Roadrunner, où une IA a fait lire avec la voix d'Anthony Bourdain trois phrases qu'il avait écrites mais jamais enregistrées, moins d'une minute de son, est devenu le cas d'école de ce qui arrive quand on ne le révèle qu'après la sortie (Yahoo News).
Enregistrez la voix off avant le montage définitif. La narration mène, l'image suit.
9. Musique et son
ScreenWeaver ne compose pas de musique. Prenez de la musique sous licence, faites appel à un compositeur, ou utilisez un générateur comme Suno en vérifiant ses conditions d'usage commercial. Rangez les licences dans le registre des sources, à côté des droits d'archives.
Les modèles vidéo eux-mêmes peuvent produire une ambiance sonore avec le plan : vent, eau, pas, rumeur d'une place. Mixez-la bas sous la voix off et remplacez tout ce qui sonne faux pour l'époque. Notre guide sur le son des films IA couvre toute la chaîne audio.
10. Le montage
ScreenWeaver ne monte pas la vidéo et n'exporte pas de film fini. Rassemblez plans générés, entretiens, archives, voix off et musique dans DaVinci Resolve (qui existe en version gratuite) ou Premiere Pro.
Au montage, un documentaire s'écrit une deuxième fois. Pour la matière générée :
- La voix off d'abord, l'image ensuite.
- Un étalonnage commun. Des plans issus de modèles différents réagissent différemment à la couleur. Un seul étalonnage en fait un seul film.
- Des reconstitutions reconnaissables, si votre note d'intention l'a promis.
- Couper pour le sens. Un beau plan qui ne sert pas le propos reste du remplissage.
11. Éthique : dire ce qui est reconstitué
Le spectateur d'un documentaire fait un pacte : ce qu'il voit a eu lieu, ou on lui dira quand ce n'est pas le cas. L'IA rend ce pacte plus facile à rompre, et la profession a commencé à écrire des règles.
Les recommandations de l'APA
En septembre 2024, l'Archival Producers Alliance, un collectif de documentalistes d'archives américains, a publié des bonnes pratiques sur l'IA générative dans le documentaire. Une première version avait été présentée au congrès Getting Reel de l'IDA en avril 2024, et le texte est soutenu notamment par l'International Documentary Association, avec l'apport d'experts de Stanford, du MIT Media Lab, de PBS et de la clinique juridique de UCLA (synthèse chez Desktop Documentaries). Deux recommandations s'appliquent directement :
- Tenir une cue sheet de tous les éléments générés, comme on en tient une pour la musique et les archives.
- Les citer au générique, comme on crédite les images d'archives.
Dans ScreenWeaver, chaque reconstitution est un plan d'une scène de votre script : votre découpage est déjà le squelette de cette cue sheet.
Quand ça tourne mal
En avril 2024, le documentaire Netflix What Jennifer Did a été accusé de montrer des photos de son sujet présentant des artefacts typiques de l'IA, mains déformées, traits altérés. Le producteur exécutif a nié tout usage de l'IA, Netflix n'a pas commenté (Korben, Clubic). Quoi qu'il se soit passé en production, le mal est venu de l'absence de transparence, sur une affaire criminelle pour laquelle de nouveaux procès avaient été ordonnés.
Côté histoire, des historiens comme Hervé Leuwers et Virginie Sansico mettent en garde contre les vidéos qui rejouent le passé avec l'IA : risque de manipulation des sources, et une « fausse transparence » même quand l'origine IA est signalée (SNRT News). Signaler ne suffit pas : il faut aussi sourcer.
La leçon n'est pas « jamais d'IA ». C'est : dire au spectateur, dans le film, ce qui est reconstitué. Une mention à l'écran ne coûte rien. Être pris en défaut coûte le film.
On détaille cue sheet, mentions à l'écran et règles des festivals dans IA et documentaire : reconstitutions, transparence et règles de diffusion, et les règles des plateformes dans les obligations de transparence des films IA.
12. Diffuser le film
YouTube : la mention et la monétisation
La mention. YouTube demande de déclarer les contenus réalistes modifiés ou synthétiques via le réglage dédié de YouTube Studio (« AI use » dans l'interface anglaise), au moment de la mise en ligne. Sont concernés les contenus qui font dire ou faire à une personne réelle ce qu'elle n'a pas dit ou fait, qui modifient des images d'un lieu ou d'un événement réels, ou qui montrent une scène réaliste qui n'a pas eu lieu (aide YouTube). Une reconstitution historique photoréaliste entre dans ce dernier cas. L'IA utilisée seulement pour le script ou les sous-titres, non. Cochez la case : elle ne vous pénalise pas.
Pour les chaînes d’histoire, notre guide documentaires d’histoire IA sur YouTube sans perdre la monétisation reprend la politique actuelle point par point.
La monétisation. Le 15 juillet 2025, YouTube a renommé sa règle sur le « contenu répétitif » en « contenu non authentique » dans les conditions du Programme Partenaire. Les contenus produits en masse, répétitifs ou fabriqués sur modèle ne sont pas monétisables, y compris les contenus IA tirés de modèles génériques. La même page accepte explicitement l'IA utilisée pour donner à voir un personnage et un récit que vous avez inventés, et rappelle qu'avec n'importe quel outil automatisé, le résultat doit refléter votre vision créative (règles de monétisation YouTube).
Un script sourcé que vous avez écrit, des personnages qui ont leur propre fiche, des plans storyboardés, un montage qui défend un propos : c'est l'inverse d'un modèle. Ce que vise la règle, ce sont les chaînes qui publient quarante diaporamas presque identiques par semaine.
Faire de l'histoire sur YouTube sans faire du remplissage
Pour une chaîne d'histoire, la méthode de ce guide est aussi la stratégie de monétisation : un point de vue documenté par vidéo, des figures récurrentes au visage constant, une voix off écrite par vous, les sources en description, les reconstitutions signalées. Plus de travail que l'automatisation, et la seule version qui résiste à un examen de la plateforme.
Les festivals
Les festivals regardent la transparence de près. Si vous visez le circuit documentaire, lisez nos guides sur les films IA à Hot Docs, à l'IDFA, à CPH:DOX et à Sheffield DocFest. Ayez votre cue sheet prête avant de remplir le formulaire.
Travailler à plusieurs
Un documentaire se fait rarement seul. Les projets ScreenWeaver sont collaboratifs en temps réel, avec trois rôles : Owner, Editor et Viewer. L'historien en Viewer lit le script et les planches, le coauteur en Editor écrit avec vous. Personne ne vérifie une version périmée.
Combien ça coûte
ScreenWeaver propose trois formules :
- Screenwriter, 0 $, pour toujours : l'éditeur de scénario, pour écrire note d'intention et script.
- Auteur, 39,99 $ par mois, 6 000 crédits : le pipeline IA, la génération du découpage et du storyboard, et la vidéo IA.
- Studio, 149,99 $ par mois, 25 000 crédits : tout Auteur, plus la collaboration avec un nombre illimité de places et les tarifs de génération les plus bas.
Le coût réel dépend du nombre de plans reconstitués, de leur durée et des modèles choisis. Le réflexe qui économise le plus, c'est celui que ce guide répète : vérifier sur le storyboard, générer une fois. Notre article sur le coût de production d'un film IA donne une vue d'ensemble. Hors ScreenWeaver, prévoyez la voix off, les licences musicales et les droits d'archives.
FAQ
Peut-on faire un documentaire avec l'IA gratuitement ?
En partie. La note d'intention et tout le script, voix off comprise, s'écrivent dans la formule Screenwriter de ScreenWeaver, gratuite pour toujours. La génération du storyboard et de la vidéo demande la formule Auteur ou au-delà, et la voix off, la musique et le montage se font dans d'autres outils, dont certains ont une version gratuite. Un documentaire fini avec des reconstitutions n'est pas gratuit. L'écriture, qui décide de sa qualité, peut l'être.
Comment garder le même personnage d'un plan IA à l'autre ?
Avec des images, pas des descriptions. Créez la personne comme Character avec une fiche de référence IA avant la première planche, verrouillez sa tenue pour chaque époque, et rattachez la fiche à chaque plan où elle apparaît, plans larges compris. Pour une personne vue à deux âges, dérivez la fiche âgée de la fiche jeune. Puis vérifiez la séquence sur le storyboard avant de générer la moindre vidéo.
A-t-on le droit de monétiser un documentaire IA sur YouTube ?
Oui, s'il est original. La règle « contenu non authentique » de juillet 2025 exclut les vidéos produites en masse, répétitives ou fabriquées sur modèle, mais accepte explicitement l'IA au service d'un personnage et d'un récit que vous avez créés. Un documentaire avec votre propre script sourcé et des plans pensés entre dans ce cadre. Déclarez les reconstitutions réalistes dans YouTube Studio à la mise en ligne.
Qu'est-ce qu'une note d'intention de documentaire ?
C'est le texte qui explique pourquoi vous faites ce film et comment : votre lien au sujet, votre point de vue, votre dispositif (entretiens, archives, voix off, reconstitutions). Producteurs, chaînes et commissions d'aide la lisent en premier. Avec l'IA, elle doit aussi dire comment le spectateur saura ce qui est reconstitué.
Peut-on utiliser de vraies photos d'archives comme références ?
Oui pour les lieux, les objets, les vêtements et les détails d'époque : importez-les en JPEG, PNG ou WebP. Vérifiez les droits et notez-les dans le registre des sources. Pour le visage d'une personne réelle et identifiable, prudence : certains modèles refusent les visages photographiques en référence, et l'imitation d'une vraie personne pose des questions auxquelles il faut répondre ouvertement dans le film.
Faut-il signaler les images générées par IA dans un documentaire ?
Sur YouTube, oui pour les reconstitutions réalistes. La pratique documentaire va dans le même sens : l'APA recommande une cue sheet des éléments générés et leur mention au générique. Une mention à l'écran reste le moyen le plus simple de garder la confiance du public.
ScreenWeaver écrit-il le documentaire à ma place ?
Non. Il vous aide à l'écrire : l'assistant IA lit votre documentation, conteste vos affirmations et découpe vos scènes en plans. Le point de vue, la voix off et les décisions restent les vôtres, et c'est aussi ce qui rend le film monétisable et digne d'être regardé.
Pour aller plus loin
Commencez par l'écriture : ouvrez un projet, posez votre point de vue et écrivez la première scène. La formule gratuite Screenwriter suffit pour ça : commencer dans ScreenWeaver.
Puis :
- Générateur de documentaires IA, avec l'exemple complet de reconstitution historique
- Comment réaliser un film IA, le pipeline complet côté fiction
- Le storyboard documentaire, ce qu'on découpe et ce qu'on laisse ouvert
- La voix off dans un scénario
- Du script à l'écran, le workflow du film IA
Final Step
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