En bref : le moodboard répond à « à quoi ça ressemble ? », le storyboard à « où est la caméra, et que se passe-t-il ? », la production à « qu'est-ce que le spectateur verra vraiment ? ». Travaillez dans cet ordre : décrivez chaque personnage, lieu et objet, bloquez chaque plan dans une préviz sommaire, puis appliquez le style du film et tournez la vidéo. Réglez chaque problème dans l'étape qui en a la charge, et vos plans cessent de se contredire.
On emploie souvent ces trois mots comme s'il s'agissait de trois brouillons de la même image, chacun un peu plus soigné que le précédent. Ce n'est pas le cas. Ce sont trois métiers, et chacun répond à une question différente. Quand un film fait à l'IA manque de cohérence, c'est presque toujours qu'on a demandé à une étape de faire le travail d'une autre.
Ce guide pose une question par étape, compare les trois dans un tableau, puis suit une même scène de bout en bout dans ScreenWeaver. Notre exemple s'appelle La Photo : un projet de démonstration avec une seule scène (INT. VOITURE DE THOMAS - NUIT, sous la pluie), deux personnages, une voiture, une vieille photo et quatre plans. Thomas tend à sa sœur Émilie une photo d'eux deux enfants, retrouvée chez leur mère. « Je l'ai retrouvée chez maman. » Ses yeux se remplissent de larmes, puis elle sourit.
Ce que ces trois mots veulent dire sur un tournage classique
Bien avant l'IA, c'étaient trois moments d'une production, tenus par des personnes différentes.
Le moodboard (on dit aussi planche d'ambiance) est un assemblage de références : photos, tableaux, tissus, nuanciers, images tirées d'autres films. Le réalisateur ou le chef décorateur le glisse dans un dossier de présentation pour faire sentir l'univers du projet aux producteurs, puis la déco, les costumes et le chef opérateur s'en servent pour s'accorder sur un ton avant de construire ou d'acheter quoi que ce soit. Personne ne filme un moodboard. Il parle de goût et de matière, pas de plans.
Le storyboard est le film dessiné plan par plan, dans l'ordre. Chaque case montre un cadre : qui est dedans, à quelle taille, vu d'où, souvent avec une flèche pour le mouvement de caméra. C'est un document de travail pour l'équipe : le réalisateur, le chef opérateur et le premier assistant y préparent leurs installations, et chaque département y vérifie ce qui sera dans le champ. Une liste des plans l'accompagne souvent ; la différence est expliquée dans liste des plans ou storyboard.
La préviz (prévisualisation) va un cran plus loin : le storyboard reconstruit en 3D sommaire, avec la durée et les mouvements de caméra, pour voir la scène jouer avant le tournage. Elle est volontairement dépouillée : volumes simples, lumière plate, personnages de substitution. Son rôle, c'est la mise en place et le rythme, pas la beauté.
La production, puis la postproduction, c'est là que naît l'image finale : vraie lumière, vrais costumes, vraies optiques, l'étalonnage, les prises. En animation et en effets visuels, on parle du rendu final.
La version IA garde ces trois métiers. Elle permet simplement à une seule personne de les tenir tous, dans un seul projet.
Moodboard, storyboard, production : le comparatif
| Moodboard | Storyboard | Production | |
|---|---|---|---|
| La question | À quoi ressemblent chaque personnage, chaque lieu, chaque objet ? | Où est la caméra, et que se passe-t-il dans chaque plan ? | À quoi ressemble le plan fini, et comment bouge-t-il ? |
| Ce qu'on y met | Une description filmable, des images de référence, des notes, du son | Le scénario, le découpage, les fiches de référence | La direction artistique, les fiches de référence production, l'action de chaque plan, le modèle vidéo choisi |
| Ce qui en sort | Une fiche de référence par élément | Une case en blocking 3D par plan, lisible en animatique | Les images finales et les prises vidéo, dans le style du film |
| Pour qui | Vous, vos collaborateurs, et le modèle qui dessine les fiches | L'œil du réalisateur : cadre, mise en place, rythme | Le spectateur |
| Ce qu'on y corrige | L'âge, la coiffure, les costumes, le modèle de voiture, les détails de la photo | La valeur de plan, le mouvement de caméra, la durée, l'ordre des plans, l'action d'un plan | Le rendu du film, la prise retenue, le modèle vidéo et ses réglages |
Relisez la dernière ligne. L'essentiel du temps perdu vient d'une correction faite dans la mauvaise colonne : relancer une vidéo pour corriger un cadre, ou réécrire un prompt de style pour corriger un manteau.
Comment les trois s'enchaînent dans un même projet
Dans ScreenWeaver, l'en-tête affiche trois onglets numérotés, Scénario, Storyboard et Production, et chacun alimente le suivant. Le moodboard n'est pas un outil à part : il vit dans les Éléments narratifs de votre scénario. Voici la même scène, La Photo, à chaque étape.
Étape 1, le moodboard : à quoi ressemblent les choses
Ouvrez Éléments narratifs depuis la barre latérale de l'onglet Scénario. Chaque personnage, lieu et objet du film y a son groupe, et chaque groupe empile les trois mêmes étapes, de haut en bas : Moodboard, Storyboard, Production.

Les trois étapes de ce groupe sont celles de ce guide, appliquées à un seul personnage. Le nœud de l'élément, à droite, les réunit en trois champs, Moodboard, Storyboard et Production, avec un bouton Ajouter une voix qui y joint une référence audio.
L'étape Moodboard contient une Description épinglée et tout ce que vous déposez à côté : images, texte, son. Une règle compte plus que tout le reste de la chaîne : écrivez une description qu'une caméra peut filmer.

« Femme, 35 ans. Cheveux châtains attachés. Manteau de laine beige, écharpe bordeaux. » Chaque mot de cette ligne se vérifie dans un cadre. « Elle est mélancolique et secrète » ne se vérifie nulle part : un manteau secret, cela n'existe pas, alors la phrase ne sert à rien, ou pousse le visage dans une direction que vous n'avez pas choisie. Gardez la psychologie pour le scénario, dans ce qu'elle fait et ce qu'elle dit. Même chose pour les lieux et les objets : « une berline garée la nuit, moteur coupé, la pluie qui ruisselle sur le pare-brise » donne quelque chose à dessiner, « un espace exigu et tendu » non.
Ensuite, déposez vos références. Dans la démo, une photo du visage de la comédienne est posée à côté de la description.

Une limite à connaître : on ne génère pas d'images dans le moodboard. C'est l'espace de vos mots et de vos références. La génération commence un étage plus bas, avec la fiche de référence storyboard : une planche de personnage propre, en pied, en style préviz sur fond blanc, créée une fois et réutilisée dans chaque plan. La méthode complète, de la description à la fiche finale, se trouve dans créer une fiche personnage IA pour un film.
Étape 2, le storyboard : où est la caméra, et ce qui se passe
Passez à l'onglet Storyboard. Chaque plan de la scène y a sa case, et en voici une en plein cadre.

Cette case n'est pas une ébauche du film fini. Elle est faite ainsi exprès : c'est une passe de blocking 3D, le même principe que la préviz des studios. Des volumes simples et des aplats ne vous laissent juger que ce qu'un storyboard doit trancher. Qui est dans le cadre, et à quelle taille. Où se tient la caméra. D'où vient la lumière. Qui regarde qui. Ici, Thomas s'est tourné vers sa sœur, la photo est entre eux et les lumières de la ville se devinent derrière le pare-brise. Ces décisions passent telles quelles en production. Les visages en aplats, non.
Le storyboard répond aussi à la question « quand ». Chaque plan a une durée, et le bouton de lecture déroule toute la scène en animatique, le scénario suivant le mouvement.

Chaque plan porte ses décisions dans des champs simples : Suite de, Valeur de plan, Mouvement de caméra et Action. Les valeurs elles-mêmes restent en anglais dans l'application (Close-up, Handheld, Dolly in). Les quatre blocs du séquenceur sont les quatre plans de la scène, et la largeur d'un bloc, c'est sa durée : 5, 4, 4 et 5 secondes, soit 18 secondes. L'animatique est un outil pour vous, pas un livrable : elle n'a pas de son, et le storyboard ne s'exporte ni en vidéo ni en PDF.
Si vous préférez ne pas découper la scène à la main, le bouton Génération auto, en bas à droite du même écran, crée dans une seule fenêtre les fiches de référence manquantes, le découpage (combien de plans, quelle valeur, quel mouvement de caméra) et les cases. Le pas-à-pas complet se trouve dans la préviz IA : un storyboard à partir du scénario, et si vous venez du papier, comment faire un storyboard à partir d'un scénario couvre le côté artisanal.
Alors, préviz ou storyboard ? Dans ScreenWeaver, les deux se rejoignent. Chaque case est une image de préviz, et l'animatique apporte la durée qu'un storyboard papier n'a jamais eue. Ce qu'elle n'apporte pas, c'est le rendu final : c'est le rôle de l'étape suivante.
Étape 3, la production : l'image finale, dans le style du film
L'onglet Production s'ouvre sur un canevas de nœuds construit à partir de votre storyboard, sans rien à câbler. Tout en haut se trouve la section Direction artistique.

Le texte Art Style est l'endroit où vit le rendu : « Cinéma photoréaliste, huis clos intimiste. Pellicule 35 mm, grain léger. Nuit bleue et pluie, lumière chaude des réverbères. Très faible profondeur de champ, bokeh marqué. » Chaque phrase est une décision que vous pourriez confier à un chef opérateur : un étalonnage bleu froid contre la lumière chaude des sources visibles, et un bokeh né d'une mise au point très courte.

C'est là toute la différence entre le moodboard et la production. Le moodboard décrit des choses : une femme, un manteau, une voiture. La direction artistique décrit le film : la pellicule, le grain, la couleur de la nuit. Comme c'est la seule source du style, vous la changez à un seul endroit et tous les plans suivent. Garder un même rendu sur des dizaines de plans est un sujet à part entière, traité dans la cohérence de style en vidéo IA.
Sous la direction artistique, chaque personnage, lieu et objet reçoit sa fiche de référence production : le même élément que dans le moodboard, refait dans le style final du film.

Lisez un groupe de haut en bas et vous avez tout ce guide en une image : la description et la photo (moodboard), la fiche en préviz (storyboard), la fiche photoréaliste (production). La même femme, le même manteau beige, la même écharpe bordeaux, trois métiers différents. La fiche production prend son rendu dans la direction artistique au-dessus d'elle : vous n'avez jamais à redécrire le style personnage par personnage.
Vient alors l'image en mouvement. Ici, une image générée dans le style du film est reliée comme image de départ à un nœud Vidéo.

Regardez comme le prompt est court : « Travelling avant lent vers @characters.thomas et @characters.emilie, la pluie ruisselle sur le pare-brise. » Les visages viennent des références, le rendu de la direction artistique, et le travelling avant (Dolly in) est le mouvement choisi pour ce plan sur le storyboard. Seedance 2.5 est le modèle par défaut et celui que nous recommandons ; d'autres modèles, comme Veo 3.1 ou Kling v3.0, sont disponibles. Chaque nœud garde l'historique de ses prises : vous les comparez et gardez la meilleure.
Pour une scène entière, vous ajoutez un pipeline dans le groupe Production de la scène. Il rassemble les plans, les personnages, la voiture et la photo, et un nœud Scene video tourne la scène d'un seul tenant.

Voilà ce que rapporte le fait de séparer les étapes. Le moodboard a fixé qui sont ces deux personnes. Le storyboard a fixé ce qui se passe, vu d'où, et pendant combien de temps. La production n'avait plus qu'à donner au tout le rendu du film. Les deux pipelines de scène sont comparés dans vidéo IA multi-plans : le pipeline de scène.
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Start FreeLes erreurs classiques
1. Chercher le rendu final dans le storyboard. Les cases sont en volumes gris et aplats, exprès. Les régénérer en boucle parce que les visages paraissent plats, c'est se battre contre l'outil : jugez une case sur le cadre, la mise en place, la direction de la lumière et la durée, rien d'autre. Le rendu arrive en production, par la direction artistique. Une case qui raconte la bonne chose avec des visages plats est une case terminée.
2. Sauter la description du moodboard. Sans description filmable, chaque fiche de référence est une supposition, et chaque plan hérite de cette supposition. Deux lignes suffisent : l'âge, la silhouette, les cheveux, les vêtements portés dans ce film, un détail que la caméra attrapera. Pour un lieu, ce qu'il contient et la lumière qui y tombe. Pour un objet, sa taille, sa couleur, son usure.
3. Décrire un caractère au lieu d'une apparence. « Mélancolique », « secrète », « tendu » sont des indications de jeu. Leur place est dans le scénario, dans les actions et les dialogues, là où elles façonnent les plans. Dans la description, elles ne produisent rien de visible.
4. Mettre les mots de style au mauvais endroit. « Photoréaliste, 35 mm, ambiance sombre » dans la description d'un personnage tire contre la direction artistique et peut le faire détonner à côté des autres. Décrivez les choses dans le moodboard, décrivez le film dans la Direction artistique.
5. Corriger un problème de cadre en production. Si la caméra n'est pas au bon endroit, une nouvelle prise vidéo ne la déplacera pas. Revenez au storyboard, changez la valeur de plan, le mouvement de caméra ou l'action, puis relancez le plan en production.
Pourquoi l'ordre compte encore plus avec l'IA
Sur un tournage, des gens comblent les trous entre les trois étapes : la costumière connaît le moodboard, le cadreur connaît le storyboard. Un modèle vidéo, lui, ne sait que ce que vous lui donnez. Si le rendu, la mise en place et le rythme doivent tous sortir d'un seul prompt, chaque nouveau plan rejoue les trois à la fois.
Travailler storyboard d'abord, c'est répartir le risque. Le moodboard règle l'apparence une fois, le storyboard règle la mise en place et le rythme une fois, et chaque prise vidéo n'a plus qu'à réussir le mouvement. C'est tout le raisonnement d'une méthode vidéo IA qui commence par le storyboard, et c'est pourquoi un générateur de storyboard IA a sa place avant le premier crédit vidéo dépensé.
FAQ
Quelle est la différence entre un moodboard et un storyboard ?
Le moodboard montre à quoi ressemblent les choses : les personnes, les lieux, les objets, les matières, les couleurs. Le storyboard montre le film plan par plan : où est la caméra, qui est dans le cadre, ce qui se passe, dans l'ordre. Le moodboard n'a ni plans ni chronologie ; le storyboard ne se soucie pas de la texture finale. Le premier rend le second cohérent.
Moodboard ou storyboard : par lequel commencer ?
Par le moodboard, au moins pour les éléments qui reviennent : les personnages, les lieux, les objets importants. Deux lignes de description filmable suffisent pour lancer les fiches de référence, et le storyboard s'appuie ensuite sur ces fiches. Vous pourrez toujours revenir affiner une description.
C'est quoi, un moodboard au cinéma ?
C'est un ensemble de références qui sert à s'accorder sur l'univers visuel d'un projet avant le tournage : photos, tableaux, tissus, images d'autres films. Le réalisateur s'en sert pour présenter le projet, la déco, les costumes et l'image pour s'aligner. Dans ScreenWeaver, chaque personnage, lieu et objet a son propre moodboard, avec une description écrite et des références déposées.
Préviz ou storyboard : quelle différence ?
Le storyboard est une suite d'images fixes ; la préviz reconstruit la scène en 3D sommaire, avec la durée et les mouvements de caméra. Le storyboard de ScreenWeaver se situe entre les deux : chaque case est une passe de blocking 3D, et la lecture déroule le tout en animatique, avec la durée de chaque plan.
Quelle différence entre la préviz et le rendu final ?
La préviz tranche le cadre, la mise en place, la direction de la lumière et le rythme, avec des volumes simples et des aplats. Le rendu final est l'image que voit le spectateur, dans le vrai style du film. Dans ScreenWeaver, le storyboard fait office de préviz, et l'onglet Production fabrique les images et la vidéo finales, à partir de la direction artistique et des fiches de référence production.
Peut-on générer des images dans un moodboard ScreenWeaver ?
Non. Le moodboard accueille votre description et tout ce que vous y déposez : images, texte, son. Les images générées commencent avec les fiches de référence, dans les étapes Storyboard et Production du même groupe.
Pourquoi mon storyboard IA ne ressemble-t-il pas à mon film final ?
Parce que ce n'est pas son rôle. Les cases sont une passe de blocking 3D qui fige le cadre et la mise en place, pas le style final. Le rendu vient de la Direction artistique de l'onglet Production, qui alimente les fiches de référence production et chaque plan.
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Écrivez la scène, puis donnez à chaque personnage, lieu et objet deux lignes de description filmable. L'éditeur de scénario, la structure du récit et les moodboards sont gratuits avec l'offre Screenwriter ; le storyboard et la production vidéo viennent avec l'offre payante Auteur. Pour commencer : créer mon compte gratuit.
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