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Écrire la logline parfaite : la formule qui fait vendre

Protagoniste, objectif, obstacle, enjeux : la formule en quatre parties qui fait lire votre scénario au lieu de le faire écarter. Avec les erreurs à éviter et la façon de tester votre logline.

La logline comme accroche, croquis technique sur fond sombre
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ScreenWeaver Editorial Team

25 février 2026

Updated 28 octobre 2026

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Une logline qui vend nomme un protagoniste avec un trait distinctif, un objectif, un obstacle et des enjeux, en une ou deux phrases assez précises pour ne décrire que votre film. Ajoutez une ironie ou un retournement si cela aiguise l'accroche, supprimez les formules vagues du type « découvre ce qui compte vraiment », et dites-la à voix haute : si vous manquez de souffle, elle est trop longue. Tous nos guides sur le pitch sont réunis dans le hub carrière du scénariste.

Une chargée de développement a soixante scénarios sur son bureau. Elle lit la première logline : « Un homme doit affronter son passé. » Elle la pose. Suivante. « Une femme découvre que rien n'est ce qu'il paraît. » Posée. Suivante. « Un entraîneur d'échecs déchu a une seule chance de remporter le championnat de France en misant tout sur un jeune prodige instable, mais le gamin risque de les détruire tous les deux avant même d'arriver devant l'échiquier. » Elle continue de lire. Voilà la différence. Les deux premières pourraient décrire n'importe quel film. La troisième est un film. Elle a un protagoniste, un objectif, un prix à payer, un compte à rebours. Elle vend.

La logline est le résumé en une ou deux phrases qui figure dans les dossiers de présentation, les one-pagers et les pitch decks. C'est elle qui fait lire votre scénario, programmer votre rendez-vous et remonter votre projet dans la hiérarchie. Ratez-la et vous avez l'air générique. Réussissez-la et vous avez l'air de savoir exactement ce que vous écrivez. Ce guide décortique la formule qui marche : protagoniste, objectif, obstacle, enjeux. Nous ajoutons les ingrédients facultatifs qui font ressortir une logline, et nous montrons comment éviter les pièges qui font poser votre scénario.

À quoi sert une logline

Une logline n'est pas un slogan d'affiche. « Dans l'espace, personne ne vous entend crier » relève du marketing. Une logline relève du récit. Elle répond à quatre questions : de qui parle l'histoire, que veut ce personnage, qu'est-ce qui l'en empêche, et que se passe-t-il s'il échoue ? Idéalement en moins de 35 mots en anglais, ce qui donne plutôt 40 à 45 mots en français, une langue naturellement plus longue. C'est votre réponse à « Ton scénario, ça parle de quoi ? » quand vous avez cinq secondes. C'est aussi la colonne vertébrale de votre one-pager et la deuxième diapositive de votre pitch deck. Trouvez-la une fois et vous la réutilisez partout.

En France, elle sert aussi en dehors des bureaux de production. Les dossiers d'aide du CNC, les fonds régionaux, les résidences et les concours de scénario demandent presque toujours un « pitch » de quelques lignes en tête du dossier : c'est votre logline, parfois suivie d'une phrase de note d'intention. Un lecteur de commission qui lit cinquante dossiers par session réagit exactement comme la chargée de développement de notre exemple.

Une logline ne décrit pas votre scénario. Elle vend l'expérience de voir le film. Chaque mot doit mériter sa place.

La formule de base : protagoniste + objectif + obstacle + enjeux

Protagoniste. Nommez le personnage central (ou son type) et donnez-lui un trait ou une situation qui le définit. « Un boxeur sur le retour. » « Une adolescente hackeuse qui ne quitte jamais sa chambre. » « Un père célibataire qui dirige une entreprise de pompes funèbres en faillite. » Il faut voir une personne et une situation dans le même souffle.

Objectif. Que veut-il ? « Doit gagner un dernier combat. » « Veut retrouver la personne qui a piégé sa sœur. » « Espère sauver l'entreprise et garder sa fille à l'école. » L'objectif doit être concret. « Veut se trouver » est flou. « Veut gagner l'estime de son père en remportant le tournoi que celui-ci a perdu » est précis.

Obstacle. Qu'est-ce qui se met en travers ? L'antagoniste, le système, le défaut, l'horloge. « Mais son corps le lâche et son ancien rival est champion. » « Mais la seule façon d'entrer est d'infiltrer un réseau secret qui pourrait la tuer. » « Mais une chaîne nationale rachète toutes les pompes funèbres de la ville et sa fille a commencé à voler. » L'obstacle crée le conflit. Pas d'obstacle, pas de film.

Enjeux. Que se passe-t-il en cas d'échec ? « Perdre, c'est perdre le respect de sa fille et sa dernière chance de rédemption. » « Si elle se fait prendre, elle disparaîtra comme sa sœur. » Les enjeux peuvent être émotionnels, physiques ou moraux. Ils doivent compter. « Sinon il sera triste » est faible. « Sinon il perdra la seule famille qui lui reste » est fort.

Assemblez le tout. Quand [protagoniste] [objectif], [obstacle]. [Enjeux]. Ou : [Protagoniste] doit [objectif] avant que [obstacle] n'entraîne [enjeux]. Vous pouvez changer l'ordre, mais les quatre éléments doivent être là. S'il en manque un, la logline sonne plate ou générique.

Cas concret : le drame intimiste

Vous avez écrit l'histoire d'une femme qui revient dans sa ville natale après la mort de sa mère et doit vendre la maison familiale tout en gérant une sœur avec qui elle est brouillée et un secret d'enfance. Première version : « Une femme rentre chez elle après la mort de sa mère et fait face à son passé. » Il y a une protagoniste et un objectif flou. Pas d'obstacle, pas d'enjeux. Le dossier est posé.

Deuxième version : « Revenue dans sa ville natale pour vendre la maison de sa mère défunte, une femme doit affronter la sœur qu'elle n'a pas revue depuis vingt ans et un secret enfoui qui pourrait briser la famille pour de bon. » On a maintenant la protagoniste (une femme qui revient), l'objectif (vendre la maison), l'obstacle (la sœur, le secret) et les enjeux (la famille brisée). C'est toujours une seule phrase. C'est un film.

Cas concret : le film de genre

Vous avez un scénario d'horreur. « Une bande d'amis part dans un chalet et des choses terribles arrivent. » C'est tous les films de chalet. Essayez : « Quand cinq amis louent un gîte isolé dans les Vosges pour se retrouver, les "règles" du gardien se révèlent être la seule chose qui les maintient en vie, et l'un d'eux a déjà enfreint la première. » On a une accroche (les règles), une situation claire et un compte à rebours (une règle déjà enfreinte). L'obstacle, ce sont les règles et le monstre ; l'enjeu, la vie ou la mort. Même genre, film précis.

Les ingrédients facultatifs qui font ressortir une logline

Un retournement ou une ironie. « Un tueur à gages qui n'a jamais raté sa cible est engagé pour éliminer la seule qu'il ne peut pas toucher : sa propre fille. » L'ironie fait le travail. Tout comme : « La seule personne capable de sauver le monde du virus est la scientifique qui l'a créé. »

Une limite de temps. « Avant l'élection. » « Avant le lever du jour. » « Avant que sa sœur ne soit expulsée. » Les échéances créent l'urgence.

Un « mais » net. Le mot « mais » signale le virage. « Elle veut gagner le procès, mais le seul témoin est l'homme qui a détruit sa carrière. » C'est dans le « mais » que vit l'obstacle.

Des verbes actifs. « Doit affronter » est plus fort que « va affronter ». « Se bat pour sauver » est plus fort que « essaie de sauver ». Un ou deux verbes forts par logline.

Pas de prénoms. En général, inutile. « Un journaliste déchu » vaut mieux que « Julien Morel », parce que la lectrice ne connaît pas Julien. Gardez les prénoms pour le one-pager ou le pitch oral.

Ce que les débutants ratent

Trop vague. « Un homme découvre ce qui compte vraiment. » Quel homme ? Qu'est-ce qui compte ? Quelle histoire ? Correction : un protagoniste précis, un objectif concret, un obstacle clair. « Un PDG bourreau de travail doit choisir entre signer le contrat de sa vie et assister à l'unique audition de piano de sa fille, alors qu'il a déjà manqué toutes les autres étapes de sa vie. »

Trop longue. Trois phrases, c'est un synopsis, pas une logline. Au-delà de 35 mots en anglais, ou d'une quarantaine en français, coupez. Supprimez les adjectifs qui ne changent rien au pitch. « Un inspecteur brillant mais tourmenté » peut devenir « Un inspecteur déchu ». Une proposition par idée.

Révéler la fin. La logline installe le film, elle ne dit pas qui gagne. « Elle finit par vaincre le méchant et sauver la situation » est un divulgâchage. « Elle doit vaincre le méchant ou tout perdre » est un pitch.

Plusieurs protagonistes. « Une flic et un criminel doivent s'allier pour arrêter un terroriste. » De qui parle le film ? Choisissez. « Une flic à cheval sur le règlement doit faire équipe avec le criminel qu'elle a envoyé en prison pour arrêter un terroriste avant que la ville ne brûle, et elle a douze heures. » La flic est la protagoniste ; le criminel est l'obstacle autant que l'allié.

Pas d'enjeux. « Une cheffe ouvre un restaurant. » Et alors ? « Une cheffe qui a perdu son étoile doit ouvrir un restaurant dans le quartier de son rival et la récupérer en un an, sinon elle ne cuisinera plus jamais. » Là, on s'y intéresse.

Énoncer le thème au lieu de l'histoire. « C'est un film sur le deuil. » Ça, c'est le thème, et c'est la place de la note d'intention, pas de la logline. La logline a besoin d'intrigue. « Un veuf doit accomplir la liste de rêves inachevée de sa femme avec sa belle-fille adolescente hostile, sous peine de perdre l'héritage et toute chance de réconciliation. » Le thème (le deuil, la famille) passe par l'histoire.

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Avant, après : une comparaison rapide

FaibleForte
Une avocate se bat pour la justice.Une avocate commise d'office qui n'a jamais perdu doit défendre un client qu'elle sait coupable, et gagner, sinon le vrai tueur restera libre et elle perdra son poste.
Deux personnes tombent amoureuses malgré leurs différences.Une organisatrice qui a réussi 200 mariages parfaits doit organiser celui de son ex avec la femme pour qui il l'a quittée, en deux semaines.
Un soldat rentre chez lui et doit se réadapter.Un ancien soldat souffrant d'un grave stress post-traumatique doit retrouver son frère disparu en 24 heures avec sa seule formation militaire, pendant que sa famille tente de le faire interner.

Les versions fortes ont un qui clair, ce qu'il veut, ce qui l'en empêche et ce qu'il risque. Elles sont aussi précises. « Avocate » devient « avocate commise d'office qui n'a jamais perdu ». « Deux personnes » devient « organisatrice » et « le mariage de son ex ». La précision fait vendre.

Comment tester votre logline

Dites-la à voix haute. Si vous manquez de souffle, elle est trop longue. Si un ami demande « Et alors, il se passe quoi ? », il manque des enjeux ou un obstacle. Si elle pourrait décrire cinq films différents, elle est trop vague. Si vous devez l'expliquer ensuite, coupez la partie qui demande une explication et mettez l'explication dans la logline.

Testez-la en conditions réelles. Mettez-la dans un mail à une productrice, en tête d'un dossier de résidence ou en première ligne de votre one-pager. Si l'on vous demande le scénario, la logline fait son travail. Si l'on passe sans lire, c'est la logline (ou le concept) qui ne porte pas. Réécrivez.

Le recul nécessaire

La logline est la plus petite unité de votre pitch. C'est aussi la plus importante. Protagoniste, objectif, obstacle, enjeux : réunissez ces quatre éléments en une ou deux phrases et vous donnez à la lectrice une raison de continuer. Ajoutez un retournement, une échéance ou un « mais » tranchant, et vous lui donnez une raison de s'en souvenir. Écrivez-la comme si vous n'aviez qu'une chance. Dans la pile sur le bureau, c'est le cas.

Pour résumer un projet entier sur une page, consultez notre guide sur le one-pager. Pour rédiger et comparer rapidement plusieurs versions à partir de la formule, utilisez le Logline Workshop, puis éprouvez vos conséquences avec le Story Stakes Calculator. Avant d'envoyer votre logline et votre scénario, protégez-les : en France, le dépôt auprès de la SACD ou une enveloppe Soleau à l'INPI vous donne une date certaine, l'équivalent de l'enregistrement auprès de la WGA aux États-Unis.

Décomposition de la formule : protagoniste, objectif, obstacle, enjeux ; croquis technique sur fond sombre, libellés en anglais
Comparaison avant et après d'une logline ; croquis technique sur fond sombre, texte en anglais

FAQ

Combien de mots doit faire une logline ?

En anglais, la cible est de 25 à 35 mots. En français, comptez plutôt 30 à 45 mots, parce que la langue est plus longue. Le vrai test n'est pas le compte de mots mais le souffle : si vous ne pouvez pas la dire d'une traite, elle est trop longue.

Quelle différence entre une logline et un pitch de dossier CNC ?

Aucune sur le fond. Le « pitch » demandé en tête des dossiers d'aide est une logline : protagoniste, objectif, obstacle, enjeux, en quelques lignes. Le thème et vos intentions d'auteur vont dans la note d'intention, pas dans le pitch.

Faut-il mettre le nom du personnage dans la logline ?

Rarement. Un type précis (« un entraîneur d'échecs déchu ») parle davantage qu'un prénom inconnu. Exception : un personnage historique ou célèbre, dont le nom est lui-même l'accroche.

Une logline peut-elle faire deux phrases ?

Oui, à condition que la seconde porte les enjeux ou le compte à rebours et ne devienne pas un résumé. Trois phrases, c'est un synopsis.

Faut-il révéler la fin dans la logline ?

Non. La logline installe la question dramatique sans y répondre. La fin se raconte dans le synopsis ou le traitement, que le lecteur demandera si la logline a fonctionné.

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À propos des auteurs

La rédaction de ScreenWeaver réunit des cinéastes, des scénaristes et des profils tech qui travaillent à réduire la distance entre l'imagination et la production.

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